childtemplePendant une trentaine d’années, pour les parents de la communauté qui l’ont souhaité, l’éducation des enfants à partir de l’âge de cinq ou six ans a été prise en charge par la communauté à Nyima Dzong, dans un régime de pensionnat ouvert. Ce mode d’éducation, tout à fait traditionnel au Tibet, l’était encore il y a peu en Europe. De très nombreux aménagements y ont toutefois été apportés, tenant compte notamment des spécificités de l’apprentissage du bouddhisme, des développements de la pédagogie moderne et des possibilités offertes par le monde d’aujourd’hui.

Dans un tel cadre, la vie quotidienne à Nyima Dzong s’est structurée autour des enfants : instruction scolaire, pratique et étude du bouddhisme et du tibétain, activités manuelles, culturelles, sportives et ludiques. Ils ont été entourés d’adultes dont les valeurs sont celles du bouddhisme, c’est à dire le développement de la compassion et de la sagesse. Ces adultes, qui étaient souvent leurs propres parents, les encadraient en tant qu’instructeurs, éducateurs et professeurs.

Les enfants étaient en contact fréquent avec leurs parents qui, soit vivaient avec eux sur place, ce qui était le cas d’environ la moitié d’entre eux, ou encore venaient les visiter régulièrement. Il était aussi habituel pendant les vacances scolaires que les enfants partent voir leurs parents ainsi que les autres membres de leur famille ne vivant pas dans la communauté.

Du point de vue scolaire, l’école primaire jouissait du statut d’école privée, octroyé après une enquête sociale approfondie. Le niveau secondaire s’inscrivait dans le cadre légal de l’instruction dans la famille. Les enfants étaient suivis par des enseignants qualifiés. Les méthodes d’enseignement étaient de type classique, comme dans n’importe quel établissement d’enseignement public. Les enfants en difficulté bénéficiaient d’une prise en charge personnelle, ce qui évitait les situations d’échec. Les situations de retard étaient rares et rattrapées rapidement. Les activités spécifiquement bouddhiques comprenaient l’apprentissage des bases du bouddhisme et de la langue tibétaine, l’étude de prières et de textes et la participation aux poujas (rituels collectifs au temple).

Depuis 2006, l’enseignement du tibétain et de la philosophie bouddhique était dispensé aux enfants comme aux adultes par Khenpo Tseten, maître d’études du monastère de Shétchen au Népal, que Rabjam Rinpotché, abbé du monastère, a envoyé à Nyima Dzong dans ce but.

Après une trentaine d’années d’expérience, on peut constater que l’apprentissage du bouddhisme a été un apport considérable dans le développement des enfants. De plus, la vie du centre ayant été organisée autour d’eux, ils bénéficiaient d’une attention accrue sur tous les plans.

La valeur de cette éducation se reflète dans le rapport d’enquête sociale qui avait été effectuée à l’occasion de la demande d’ouverture de l’école privée. Ce rapport souligne le niveau de scolarité, jugé au-dessus de la moyenne, les conditions de vie, considérées comme «privilégiées», le grand degré d’épanouissement et de sérénité des enfants et leur ouverture vers le monde (plus d’informations sur notre page « Dossier »)

Nous sommes très reconnaissants envers tous les maîtres tibétains qui nous ont visités et qui nous ont toujours encouragée dans cette voie.

Tout est impermanent, cependant. Le temps est passé, les enfants ont grandi et ils sont progressivement partis vers d’autres lieux pour y continuer leurs études secondaires ou universitaires ou démarrer leur vie professionnelle. L’école de Nyima Dzong n’est pas née d’un projet, elle s’est construite progressivement pour répondre à un besoin. Ce besoin n’existant plus pour l’instant, les ressources que nous lui avions consacrées sont dirigées dorénavant à Nyima Dzong vers le développement des programmes d’étude et pratique du bouddhisme ouverts au public.