Né en 1910 dans l’Est du Tibet, Kyabjé Dilgo Khyentsé Rinpotché fut l’un des tout grands maîtres de ce siècle. Son père, ministre du roi de Dergué, avait déjà eu trois fils dont l’un était mort et les deux autres s’étaient voués à la vie monastique. Il désirait donc faire de celui-ci son successeur. Cependant, Tashi Peldjor – ainsi qu’il avait été nommé à sa naissance – se sentait plus attiré par la spiritualité que par les responsabilités mondaines. De plus, plusieurs grands maîtres, dont Mipham Rinpotché lui-même, avaient insisté auprès de son père pour qu’il autorise l’enfant à prendre les vœux monastiques. Mais son père refusa de le laisser partir. A l’âge de dix ans, pourtant, l’enfant se brûla gravement et resta alité pendant un an.

C’est alors que, sa vie étant en jeu, son père céda enfin. Il fut donc envoyé à l’âge de onze ans au monastère de Shétchen ou il devint disciple de Shétchen Gyaltsap Rinpotché qui le reconnut comme l’incarnation de l’esprit de Jamyang Khyentsé Wangpo. L’abbé du monastère de Shétchen, Rabjam Rinpotché, et Jamyang Khyentsé Chökyi Lodrö furent ses deux autres principaux maîtres.

Khyentsé Rinpotché étudia avec maints autres maîtres et réalisa de nombreuses années de retraite dans diverses grottes et autres endroits solitaires. Suite à l’invasion du Tibet, accompagné de son épouse, de leurs deux filles et de quelques autres personnes, Khyentsé Rinpotché quitta le Tibet et s’installa au Bhoutan où il devint le directeur spirituel de la famille royale.

Dilgo Khyentsé Rinpotché fut unanimement reconnu par toutes les écoles du bouddhisme tibétain comme un maître hors-pair. Pilier du mouvement rimé (non-sectaire), il était détenteur d’un nombre impressionnant de transmissions et d’enseignements de toutes les écoles, qu’il retransmettait aux pratiquants dans leur lignée respective.

Khyentsé Rinpotché était un des principaux maîtres de Sa Sainteté le Dalaï Lama et lui conféra, au long des années, un grand nombre de transmissions, particulièrement de la lignée Nyingma. Les Trésors spirituels révélés par Khyentsé Rinpotché remplissent cinq des vingt-cinq volumes de ses écrits. Il a en outre édité trois cents volumes d’ouvrages bouddhiques précieux menacés de disparition, construit ou reconstruit plusieurs monastères et enseigné en Orient et en Occident à des milliers de gens venus des quatre coins du monde. C’est sous sa direction spirituelle et à la demande de Tsétrul Péma Wangyal Rinpotché qu’ont pu se dérouler en Dordogne plusieurs retraites de trois ans.

Il bâtit également le monastère de Shétchen au Népal, à la tête duquel se trouve actuellement son petit-fils et héritier spirituel, Shétchen Rabjam Rinpotché.

A partir du début 1991, la santé de Khyentsé Rinpotché déclina. Au cours de l’été, il entreprit une retraite dans les environs de Paro Taktsang, un des lieux les plus sacrés du Bhoutan. Peu après celle-ci, le soir du 27 septembre, il s’assit en méditation et quitta son corps. Son koudoung (corps embaumé) fut incinéré en novembre de l’année suivante au Bhoutan, au cours d’une émouvante cérémonie à laquelle assistèrent cinquante mille personnes venues du monde entier.

Grâce aux indications de l’un de ses disciples les plus anciens et les plus respectés, Kyabjé Trulshik Rinpotché, la réincarnation de Khyentsé Rinpotché fut trouvée en la personne d’un jeune garçon né le 30 juin 1993 à Bodhnath, au Népal. Les cérémonies qui marquèrent l’intronisation de ce jeune enfant, Ogyen Tenzin Jigmé Lhundroup, se déroulèrent du 3 au 9 décembre 1998 au monastère de Shétchen au Népal et réunirent quinze mille personnes venues de plus de quarante pays différents.

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